G. SCHNEGG, sa Vie
   
Issu d'une famille d'ébénistes bavarois réputés depuis le XVIII ° siècle, dont plusieurs fils se sont installés dans le Sud-Ouest sous la Restauration, Gaston Schnegg naît en 1866. Il se destine à la sculpture comme Lucien, son frère aîné. Entre 1885 et 1888, il obtient un accessit de peinture et deux grands prix de sculpture de la Ville de Bordeaux. Admis en 1887 dans la classe de Falguière à l'Ecole des Beaux-Arts à Paris, il y rejoint son frère. L'atelier qu'ils partagent devient rapidement le rendez-vous de nombreux jeunes sculpteurs "la bande à Schnegg".
Quelques années plus tard il provoque un beau scandale dans sa famille : il a le coup de foudre pour la très belle jeune fille venue faire l'essayage de la robe de mariée de sa future épouse, choisie par ses parents. Il rompt ses fiancailles pour se marier avec la couturière, Madeleine Lydie Rousseau, en 1894. Le couple s'installe à Paris dans une chambre de bonne. La jeune femme est émerveillée par le talent de son mari, dont elle est le modèle préféré, et par ses travaux de couture elle aide bien souvent à faire bouillir la marmite. Ils auront trois enfants, Pierre en 1896 et des jumeaux Jeanne et André en 1903.
Balcon sur la façade de la maison de ses parents,
9, rue du Docteur Albert Barraud à Bordeaux,
que Gaston Schnegg a entièrement décorée .
 
En 1895 Gaston Schnegg devient membre de la Société Nationale des Beaux-Arts, où il va exposer jusqu'en 1953.

Il obtient une médaille de bronze à l'Exposition Universelle de 1900. Sa collaboration avec Rodin commence vers cette époque et va durer jusqu'à la mort de celui-ci en 1917.

Cette période est entrecoupée de deuils : Gaston Schnegg perd d'abord ses parents puis son frère Lucien, mort d'une typhoïde en 1909, et ensuite son fils aîné Pierre, élève à l'école Boulle, porté disparu au Chemin des Dames en avril 1917. Il sculpte alors le monument aux morts, qui porte le nom de son fils, pour la commune de Quinsac, en Gironde, où la famille a passé la période de guerre.

Il privilégie la sculpture et il exécute d'importantes commandes jusque vers 1925. Ensuite, la fatigue venant avec l'âge, il se consacre entièrement à la peinture.

Très attaché à sa région natale il y revient tous les ans après le Salon, dès qu'il a vendu. A partir de 1923, il passe régulièrement l'été et une partie de l'automne à Lestiac sur Garonnne. Il y peint des natures mortes, des intérieurs rustiques, les villages et les paysages des alentours, avec tant de passion que quelquefois il en oublie les repas et que les voisins le retrouvent pris de malaise dans les vignes.

Atteint de diabète et de cécité, ne pouvant plus peindre, il n'a plus envie de vivre, refuse de s'alimenter et se laisse mourrir à l'âge de quatre-vingt-sept ans, en 1953.

 
Au dire de sa fille il ne s'est jamais départi d'un idéal de beauté, d'indépendance et de sagesse, valeurs qu'il inculquait à ses enfants, évitant les embrigadements. Malgré l'insistance de Rodin, il n'a pas accepté d'entrer dans la Franc-Maçonnerie. Il y aurait sûrement gagné en richesse et en honneurs mais il craignait sans doute de perdre sa liberté et cette âme qui transparaît si bien à travers ses oeuvres. Plus préoccupé par son art que par son image de marque, il a vécu très simplement toute sa vie. Sa fille Jeanne qui avait une immense admiration pour le talent de son père avait compris très tôt que les métiers d'art ne procurent aucune sécurité. Elle est donc devenue postière, ne s'est jamais mariée et a choisi de rester auprès de ses parents durant toute leur vie pour leur venir en aide.
Curieusement retombés dans un oubli presque total, les frères Schnegg ont été des artistes très renommés au début du XX° siècle. Ils figuraient dans les grandes encyclopédies de l'époque au même titre que Despiau, Wlérick, Bourdelle et d'autres de leur bande tandis que Camille Claudel, par exemple, que tout le monde connaît aujourd'hui n'avait alors aucune notoriété.

 

 

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Document réalisé par Marine Schenegg en septembre 2000
Dernière révision : 20 janv. 2013